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REGISTRES DU BUREAU
[i552]
XXVII-XXVM.
Secours demandé par les habitans de Compiengne W.
i5-i6 octobre i552. (B fol. io r°.)
Du samedy xv0 Octobre mil vc lu.
Ce jourd'uy, environ les trois à quatre heures de rellevée, ont esté receuz lettres des officiers du Roy, gouverneurs, manans el. habitans de la ville de Compiegne, dont la teneur ensuit.
Lettres des manans et habitans de Compiengne.
15 octobre.
"Messeigneurs, nous sommes deuement adverliz que l'ennemy est entré en pays et prins Chauny et le païs d'environ, et se loge assez près de Noyon, cjui n'est distant de ceste ville de Compiengne que de cinq lieues; et pour ce qu'il est fort, et est à craindre iju'il ne passe la riviere pour faire surprinse, nous avons deliberé vous en escripre et vous supplier trés humblement qu'il vous plaise de nous faire quelque prest d'artillerie, munitions, gens de guerre ct ar­gent, oultre ce que de notre part.nous y emploions presentement, pour subvenir et résister ai l'emynent peril et. danger ouquel nous sommes avec tout le pays, et croire le porteur de ce qu'il vous dira de par nous, auquel porteur nous avons passé procura­tion expresse de nous obliger à rendre tout tel prest ct ayde que vous ferez.
"Au pardessus, vous estant trop mieulx notoire de quelle importance est l'affaire, ne vous ferons plus longue lettre, sinon qu'il est trés necessaire que chascun mette la main à l'œuvre pour le service du Roy et conservation du pays en son obeissance.
« A tant, Mess™, nous prious le Createur vous tenir en sa garde, nous recommandans à vos bonnes graces.
"De Compiengne, jour d'Octobre mil vc lu''2'.
«Vos freres, voisins et serviables amys,
"Les officiers du Roy, gouverneurs, manans et ha­bitans de Compiengne."
Sur le clos de lad. lettre est escript ce qui s'en-
suit :
A Messeigneurs, Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins de la ville de Paris.
Après avoir veu lesd, lettres, mess™ les Prevost des Marchans et Eschevins de lad. Ville ont ordonné convocquer et appeller au Bureau d'icelle les vingt quatre Conseillers et seize Quarteniers de lad. Ville, pour adviser sur ce que dict est par lesd, lettres; et pour ce faire ont esté expédiez à chascun ung man­dement particulier desquelz la teneur ensuit.
Mandement aux xxiiii Conseillers de la Ville touchant les habitans de compiengne.
16 oclobre.
"Monsr le President, plaise vous trouver presen­tement en l'Hostel de Ville, pour ung affaire survenu qui est tel et de si grande importance qu'il merite avoir presentement vostre conseil et advis. Sy vous prions n'y voulloir faire faulte.
"Faict au Bureau de lad. Ville, le xvi" jour d'Oc­tobre mil cinq cens cinquante deux.
k Les Prevost des Marchans et Eschevins dc la ville de Paris, tous vostres.-
Mandemens aux seize Quarteniers pour lesd. habitans de compiengne.
16 octobre. De par les Prevost des Marchans ct Eschevins de la ville de Paris. "Sire Jehan Bazannier, Quartenier de lad. Ville, soyez presentement en l'Hostel de Ville, pour ung affaire tel et de si grant importance qu'il merite
(i> Cette rubrique est empruntée au Registre A, fol. 4 r°, qui résuma très sommairement la teneur de nos art. XXVII ù XXX. Voici le texte de cette relation succincte : Du xv ar' jour d'Octobre mil y' ut. Au jourd'huy sont venuz au Bureau de la ville de Paris certains personnaiges envoyez par les habitans de Compiengne, qui ont requis et demandé secours et ayde à lad. Ville d'argent et d'artil­lerie, pour leur ayder à eulx deffendre à l'encontre des Bourguignons qui brusloient le plat pays, mesmes les villes de Chausay et Noyon, et estoient délibérez venir aud. Compiengne, parce qu'ilz savoient que le Roy et son armée estoient au pays de Lorraine, et qu'il n'y avoit point d'armée en Picardie. Et estoient lesd, habitans de Compiengne en grande doubte desd, ennemys, parce que lad. ville n'estoit pas forte ne bien munye de tout ce qu'il luy failloit. Ausquelz Mess" les Prevost des Marchans et Eschevins ont faict responce qu'ilz assembleront le Conseil de la Villepour y adviser. — Au Registre, ce document vient entre nos art. ci-dessous XXXIII et XXXIV.
(2) Le quantième n'est pas indiqué au Registre, qui ne présente en cet endroit aucune lacune dans la transcription; mais, outre que la date du 15 octobre ressort du contexte, elle est assurée d'une façon positive par les termes de la réponse du Hureau à la missive des gouverneurs de Compiègne; voir cet article même in fme.